Les informations font froid dans le dos.
On apprend que les manifestations d’hier en Guadeloupe ont été réprimées violemment mais surtout avec des propos racistes inacceptables. Il y a eu un mort. Plusieurs témoins racontent que les
forces de l’ordre ont traités les manifestants de « sales nègres ». Quelle honte ! Depuis quelques semaines pourtant nombreux sont les observateurs qui notent et soulignent le
double caractère de la crise que traverse la Guadeloupe.
Il s’agit à la fois d’une crise sociale forte (due au chômage et à la perte importante de pouvoir d’achat) mais aussi d’un problème d’accaparation des richesses issu des logiques coloniales. En
effet, si le coup de la vie, les taux de chômage sont particulièrement élevés, une petite franche de la population accapare la majorité des richesses. La réalité sociales de la Guadeloupe est
hélas tristement ethnique. Les plus riches sont « blancs » alors que les chômeurs sont « des indigènes de la République ». Triste réalité qui rappelle que les thèses d’Aimé
Césaire sont cruellement actuelles. Il y a quelques temps l’ensemble de la classe politique rendait hommage à ce penseur de la négritude. Mais ont-ils déjà oublié l’injustice que celui-ci
dénoncé ?
Visiblement, Yves Jégo et Nicolas Sarkozy sont débordés par la situation. L’ensemble des dimensions de cette crise ne rentre pas dans leur champ d’analyse. La situation sociale des Guadeloupéens
doit évoluer d’urgence. Il faut apporter des réponses concrètes aux situations. L’Etat peut permettre l’augmentation des salaires et des minimas sociaux. Il doit aussi relancer une politique de
grands travaux et de grands chantiers pour relancer l’économie des DOM TOM. Le saupoudrage de 1000 projets accélérés ne suffira pas ! Depuis de nombreuses années les élus locaux demandent de
vraies politiques de développement local.
Mais il faut également repenser les rapports sociaux en terme de domination coloniale. Les réalités économiques sont en effet le fruit de
discriminations raciales historiques en Guadeloupe. Comment expliquer qu’un Guadeloupéen qui rentre dans la fonction publique soit obligé de faire des années en métropole avant de pouvoir
revenir sur l’île alors qu’un fonctionnaire issu de métropoles se voit remettre des primes conséquentes pour son séjour sur l’île ?
D’ailleurs j’aimerais bien que l’on fasse le total des primes accordées aux 600 gendarmes envoyés sur l’île en urgence pour gérer la situation…cela ferait certainement une belle petite prime aux
manifestants !